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Cet événement est terminé
Evénément :
Colloque international « Carte postale et création »
Début :
16 mai 2013 17:30
Fin :
16 mai 2013 20:00
Prix :
Gratuit
Catégorie :
Mise à jour :
14 février 2013
Lieu :
Palais Granvelle (musée du temps)

Usages, fonctions, enjeux de la carte postale dans le champ artistique (XIXe – XXIe siècles)

Besançon, 16-17 mai et Paris, 19-21 novembre 2013

Première session
Besançon, 16 et 17 mai 2013
Jeudi 16 mai, Palais Granvelle

 

17h30 : accueil des participants par Emmanuel GUIGON au musée du Temps (Palais Granvelle)

Visite de l’exposition « Cartes postales : Besançon 1900-1936 »

Les acteurs de la Loyale, troupe permanente du Centre Dramatique National interviendront dans l’exposition avec des lectures de cartes postales.

À partir de la collection de cartes postales Tupin récemment acquise par la Ville de Besançon, le musée du Temps organise une exposition sur cet objet de grande diffusion, depuis la fin du XIXe siècle. Le musée du Temps renoue avec sa vocation de musée historique de la ville de Besançon en présentant l’évolution de la ville à travers la carte postale, tout en interrogeant le rôle de la carte postale en tant que vecteur de communication original et objet fétiche des collectionneurs.

19h00 : Concert « Cartes postales musicales », par les musiciens de l’orchestre Victor Hugo de Franche-Comté

 

Organisé par le Centre André Chastel (UMR 8150, CNRS /université Paris- Sorbonne / ministère de la Culture et de la Communication et par le musée des Beaux- Arts et d’Archéologie de Besançon, en partenariat avec la Fondation La Poste). Conception, programme et mise en oeuvre : Isabelle Ewig, maître de conférences en histoire de l’art à l’université Paris-IVSorbonne, Emmanuel Guigon, directeur des musées du Centre de Besançon, Line Herbert- Arnaud, docteure et enseignante en histoire de l’art, Françoise Levaillant, directrice honoraire de recherche, ancienne codirectrice de l’ERCO au Centre André Chastel.

Objet de curiosité dont raffolent les curieux, les collectionneurs et les artistes, la carte postale reste, en histoire de l’art, un objet à explorer, comme le prouve la rareté des catalogues et des expositions sur ce thème. Si les usages de la carte postale sont nombreux, les enjeux qu’elle porte dans le domaine de l’art et au-delà ne le sont pas moins. Depuis ses origines au XIXe siècle en Europe, la carte postale a joué un rôle patrimonial important, car elle a servi à reproduire des oeuvres d’art. Cet aspect fondateur mérite d’être rappelé en introduction du colloque. Nous verrons comment l’image d’oeuvres d’art, d’art décoratif et d’art monumental, véhiculée par la carte postale, devient un outil majeur pour l’appropriation de formes et la transmission de modèles (papiers peints Art Nouveau, architecture du Bauhaus…). Plus généralement, elle s’avère fondamentale dans la question des échanges et des transferts culturels (images envoyées ou rapportées d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre, créations privilégiées d’un groupe d’artistes, collections de différents types). De plus son modèle inspire, hors de son champ spécifique, réflexions philosophiques, récits romanesques et filmiques. À ces usages de la carte postale dans le registre de la diffusion et des transferts, s’ajoutent des enjeux moins étudiés dans leur ensemble. Objet ou artefact inscrit dans le temps et dans l’espace, les artistes donnent à ce support un rôle dans l’Histoire, soit en lui conférant le statut d’un témoin, soit en y inscrivant, par leurs créations propres, la propagande ou, à l’inverse, la critique d’un pouvoir et d’une idéologie. L’ancrage de la carte postale dans une réalité géographique locale à un moment précis du temps provoque de nombreux artistes, de la fin du XIXe siècle à l’art conceptuel, à la transformer, inventant de nouveaux lieux, jouant à perturber notre mémoire et notre compréhension du temps. Ce sont enfin les manipulations, ludiques et transgressives, auxquelles tel ou tel artiste, tel ou tel groupe, soumettent la carte postale qui seront étudiées, jusqu’aux détournements les plus contemporains. Ainsi seront mis en évidence non seulement les procédures, mais aussi les fonctions culturelles et politiques qui font de la carte postale un objet privilégié, à la croisée des inventions populaires et de la création contemporaine. Support discret de nouvelles « remises en jeu », la carte postale aux mains des artistes serait-elle le médium méconnu de la modernité ?